Les PME mises à rude épreuve par les retards de paiement de l’Etat

Le Sénat a adopté le 19 février une proposition de loi visant à réduire les retards de paiement, un problème qui fragilise particulièrement les PME et TPE du secteur de la défense. Depuis la crise Covid, les faillites d’entreprises ont augmenté de 28 %, les retards de paiement accroissant encore le risque de défaillance. Malgré l’augmentation du budget militaire et les discours sur la « réindustrialisation » de la défense, de nombreuses entreprises dénoncent un décalage entre les annonces et la réalité. Le secteur de la base industrielle et technologique de défense (BITD), qui regroupe 9 grands groupes (Thales*, Dassault Aviation*, MBDA*, Arquus, Airbus*, KNDS*, Naval Group, ArianeGroup*, Nexter*) et 4 500 PME, ETI et TPE, semble à l’unisson quand il s’agit de pointer le décalage entre les déclarations martiales du gouvernement et la réalité sur le terrain économique. L’État accumule environ 8 Md€ de reports de charges, mettant en difficulté des sous-traitants ou des startups dépendants des commandes publiques. Certains dirigeants, faute de paiements ou de visibilité, se tournent vers des marchés civils ou déposent le bilan. Le secteur souligne aussi des procédures longues et un « ruissellement » des commandes encore limité vers les PME.